Les enfants sentent tout, et bien plus que nous adultes
On pourrait croire que les enfants affabulent, surréagissent, manquent de connaissances, tant ils nous désarçonnent parfois, nous adultes. Je suis persuadée, pour les avoir beaucoup observés et accompagnés, et pour avoir conservé une bonne part de ma sensibilité d’enfant, qu’ils ressentent très finement quantité de choses justes en permanence, dont nous n’avons pas idée. C’est pour cette raison que fréquemment les adultes ont du mal à les comprendre, et interagissent à mauvais escient, tout en en payant les conséquences amères, pour eux comme pour les enfants.
Je me souviens très bien, qu’étant enfant, lorsque je regardais une personne, je sentais déjà dans quel état intérieur elle était et à qui j’avais à faire. Cette faculté ne m’a pas quittée et elle m’aide à exercer mon métier actuel. Mais je me souviens aussi que ce ressenti qui m’habitait alors prenait toute la place dans mon corps à ce moment-là, alors que maintenant je sens bien que la place qu’occupe ma tête a changé complètement la donne, alors même que je ne pense pas forcément.
Oui la grosse différence entre eux et nous se trouve dans la place que prend leur cortex cérébral, et celle que conserve leur corps. Plus ils sont petits, plus ils sont dans le sensoriel.
Vous avez sans doute remarqué qu’un enfant à qui vous dites « non », selon que vous serez dans un « Non » à 100% ou un « Non » à 70%, vous obéira dans le 1er cas, et dans le 2e fera comme il a envie, et ne vous obéira pas forcément. C’est, parce qu’il vous écoute en ressentant vos dires, donc au-delà des mots - ce qu’ils sous-entendent - alors qu’un adulte sera plus sur le sens intellectuel des mots. De même, un enfant va plus facilement bouger, s’activer qu’un adulte, car il suivra instinctivement les besoins de son corps, que l’adulte, dans sa tête, n’écoutera pas.
L’enfant s’allonge immédiatement quand il est fatigué – et l’adulte ? - ; il demande à boire plus souvent que l’adulte - quand il n’est pas déjà traumatisé par certains évènements - ; il va facilement marcher sans chausson, ni chaussette ; il va être naturellement créatif d’une manière ou d’une autre ; il va dessiner sans se demander si c’est bien ou pas ; il va vouloir mettre certains habits et pas d’autres, car il a une conscience aigüe des couleurs, des formes, des matières, que le jeune devenant adulte va perdre au fil du temps ; il va exprimer ses émotions intensément et pleinement car son vécu corporel l’exige, et son cortex n’a pas encore acquis la faculté de les réprimer …
Ce que j’ai remarqué invariablement dans mes nombreuses expériences d’accompagnement d’enfants de tous âges, c’est qu’ils captent inconsciemment dans leur corps les émotions exprimées ou non de leurs parents, voire de leur entourage. Au point qu’une maman m’ayant amené son enfant d’un an qui dormait peu et avait beaucoup d’accès de colère, qui fit une séance d‘expression émotionnelle thérapeutique avec moi, sur mes conseils, découvrit une semaine plus tard que le même enfant dormait bien et n’exprimait plus de colères.
Alors je conseille vivement à tous les parents qui vivent avec des enfants colériques, ou qui pleurent souvent, ou hyperactifs … d’observer leurs propres émotions. Même si les règles de bonnes relations sociales veulent qu’on les retienne le plus souvent, toutes les émotions retenues ont toujours besoin de sortir – même 50 ans plus tard -, et ne le faisant pas, ce sont les enfants qui s’en chargent.
Chers parents, il suffit d’apprendre à faire quelques exercices d’expression émotionnelle thérapeutique, pour alléger la vie de chacun et faciliter toutes les relations. Sans oublier qu’un enfant avant 5-7 ans a un cortex préfrontal encore trop immature pour réguler efficacement le cerveau des émotions. Il n'a physiologiquement pas les connexions corticales nécessaires pour freiner ou calmer seul ses réactions instinctives (cf ACTIF Formation)
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